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> notes sur clichés (photo revisitée)

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- Il fallait que je te parle...

- Ici?

- Pourquoi pas? C'est beau la nature...

- Ne me dis pas que tu as fait toute cette route pour me planter à l'aube devant une montagne pour me servir l'argument réchauffé du bol d'air?... Alors?

- Bien!... Je crois que nous faisons fausse route...

- Que veux-tu dire? Pour l'instant on est garé pile face à la vallée et si tu ne dessères pas le frein on ne risque pas d'aller plus loin..

- Non! Ne fais pas semblant, tu as très bien compris. Je parle du sens de la vie, de tous ces artifices qui emcombrent l'existance, de nos mensonges et des promesses non tenues, de la routine et de la négligeance, des leurres, des faux espoirs, des faux-semblants qui font les jours aussi vides que les nuits, de la suffisance que nous mettons à croire que faire telle ou telle chose repousse un peu l'echéance de ces projets que nous avions, souviens-toi...

..

- Oui je vois, c'est un peu comme au cinéma. Un réalisateur, Truffaut je crois, a dit quelque chose comme ça dans la nuit américaine : " Au départ, j'ai de grandes idées et puis rapidement les contraintes du tournage qui se succèdent me font renoncer petit à petit à tout un tas de choses importantes... Finalement au milieu du tournage le film n'est déjà plus celui que j'avais imaginé..."

- Sauf que la vie n'est pas une fiction...

- Non c'est vrai, dès fois elle est plus moche, dès fois elle est plus belle, mais dès fois aussi elle y ressemble diablement

- A moins que ce ne soit l'inverse... Mais ne feignons nous pas...

- De quoi? d'être? Et après, ce ne n'est pas à moi d'en juger... Et même, si tel était le cas?